Comment l’un des plus grands braquages de banque de l’histoire s’est déroulé à Beyrouth, au Liban

Daily Mail | Reuters/Leonhard Foeger

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Aujourd’hui encore, l’histoire du mystérieux cambriolage de banque qui a eu lieu à Beyrouth il y a plusieurs dizaines d’années et qui a battu tous les records, déconcerte tous ceux qui étudient son exécution impossible.

Le célèbre cambriolage de la British Bank of the Middle East en 1976 est considéré comme l’un des plus grands et mystérieux braquages de l’histoire. Voici pourquoi.

L’incident s’est déroulé en 1976 ; l’atroce guerre civile libanaise venait d’entamer son 9e mois, et la capitale était divisée en Beyrouth-Est et Beyrouth-Ouest.

Chaque camp occupait une partie de la ville ravagée, formant entre eux une ligne de démarcation, appelée la ligne verte, qui s’étendait du nord au sud.

Le district financier de Beyrouth se trouvait sur cette ligne verte et comptait une banque qui valait environ 300 millions de dollars (environ 2 milliards de dollars en termes d’aujourd’hui), connue par la British Bank of the Middle East (BBME).

Les biens négligés ont attiré l’attention d’un groupe de voleurs, qui a profité des combats incessants autour de la banque pour s’y introduire et voler ses précieuses possessions.

La banque, qui était située à Bab Idriss, partageait un mur avec une église catholique. Les voleurs ont profité de ce point faible et ont percé un trou à travers ce mur, ce qui leur a permis de se faufiler rapidement dans la banque.

La British Bank of the Middle East à Beyrouth après le cambriolage.

Le cambriolage était une opération militaire, au cours de laquelle les auteurs ont tiré des obus de mortier de 60 mm sur les combattants des deux camps pour enflammer le champ de bataille et créer la distraction parfaite pour exécuter leur plan.

Environ 4 heures après avoir pénétré la banque, les huit hommes lourdement armés ont réussi à créer un deuxième trou à travers l’énorme chambre forte renforcée par de l’acier à l’intérieur de la banque, où tout le butin était stocké.

Le groupe a ensuite chargé plusieurs véhicules de millions de dollars en liquidité, de bijoux, d’actions et de centaines de lingots d’or pur à 99,99 % de 12,5 kg. Les voleurs ont pris ce qu’ils avaient pris, ont pris la fuite et ont complètement disparu.

Jusqu’à ce jour, aucun des auteurs n’a été arrêté et aucun des actifs volés de la banque n’a été récupéré. Le braquage de la BBME de Beyrouth reste le plus grand braquage de banque au monde, selon le Guinness World Records.

Une photo de la banque après l'intrusion des voleurs.

Il demeure également l’un des braquages de banque les plus controversés et les plus obscurs au monde. En effet, non seulement l’identité de chacun des voleurs est inconnue, mais le groupe en gros est anonyme.

De plus, les détails du cambriolage n’ont pas pu être recueillis à cause du chaos qui régnait à cette époque. Il existe plusieurs versions de l’histoire, chacune pointant du doigt différents groupes et organisations au Liban et à l’étranger.

Certaines preuves indiquent que l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est responsable, mais il n’y a pas eu de véritable procès vu que l’incident s’est produit au début de la guerre civile et la plupart des institutions publiques se sont effondrées.

Il est impératif de souligné ici que la pénétration de la chambre forte à l’aide d’explosifs, sans laisser de morts ou détruire le coffre-fort et son contenu, n’est pas aussi facile qu’il ne paraît.

L’infraction réussie qui a conduit le groupe dans le coffre-fort de la banque a, sans aucun doute, été orchestrée et réalisée par des élites qui connaissaient aussi bien les engins explosifs que les murs renforcés.

Ce fait rend crédible la théorie selon laquelle le SAS britannique serait à l’origine du cambriolage.

L’auteur britannique Damien Lewis a enquêté sur cette possibilité pendant des années, au cours desquelles il a contacté des vétérans du SAS et a recueilli des informations très intéressantes sur l’incident.

Grâce à l’enquête, il a conclu que les forces spéciales britanniques avaient “le motif, les moyens et les antécédents” pour bien exécuter le braquage.

Lewis était le plus proche à arriver à cette conclusion et confirmer que le vol a été mené par l’armée britannique, mais en fin de compte, il n’y est pas parvenu.

Il n’y a même pas de consensus sur la somme des biens volés.

Alors que la plupart des rapports font état d’un pillage d’une valeur de 20 à 50 millions de dollars (l’équivalent de 133 à 332 millions de dollars d’aujourd’hui), d’autres l’ont exagéré jusqu’à 850 millions de dollars (plus de 5 milliards de dollars d’aujourd’hui).

Néanmoins, le chiffre le plus convenu est proche de 32 millions de dollars, ce qui équivaut à environ 210 millions de dollars aujourd’hui.

Quel que soit l’auteur et la valeur du butin, le braquage de la British Bank of the Middle East de Beyrouth est certainement l’un des plus grands, des plus fascinants et des plus réussis braquages de banque de l’histoire.

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